EPSM Des Flandres

L’Asile Départemental d’Aliénées de Bailleul se trouvait antérieurement à LILLE (rue de Tournay) et était géré par l’administration des Hospices de LILLE.

Il a été transféré à BAILLEUL en octobre 1863, sept ans après que la décision de « translation » ait été prise par la Commission de Surveillance instaurée par la loi de 1838 et créée à l’asile de femmes en 1840.

Réalisé par les architectes MOURCOU (qui a réalisé, entre autre, l’Hôpital de la Charité et le Palais Rameau) ET MARTEAU, l’établissement, bâti sur un terrain de 80 ha de superficie, est considéré comme le plus beau de France et apparaît dans la région comme un établissement modèle : « Tout concourt dans cet établissement modèle au perfectionnement du traitement moral de l’aliénation. Ce sont chaque jour des distractions, des divertissements amenés par la lecture, les jeux la musique, des promenades dans les jardins de l’asile, des excursions dans la campagne, toutes choses qui contribuent puissamment au maintien de l’ordre et du calme, ainsi qu’aux plus heureux résultats thérapeutiques… » (Rapport de 1873 au Conseil Général)

En 1864, l’établissement ne compte qu’un seul médecin chef et un seul service médical ; le premier poste de médecin adjoint ne sera créé qu’en 1877 et un second médecin chef sera nommé en 1906….

A la fin de 1871, l’établissement accueille 412 femmes occupées à des tâches telle que le jardinage, la couture, le tricot, le travail en buanderie, repassage et cuisine …

Fin 1873 elles sont 869 pour atteindre 1200 à la fin du siècle, puis 1600 au début du 20ème siècle, époque à laquelle l’ensemble des bâtiments est achévé.
Cette croissance est liée aux effets des dispositions de la Loi de 1838 (rendant obligatoire la prise en charge des aliénés dans chaque département et incitant à la création d’asile pour y pourvoir)  et aux transferts de malades d’autres départements démunis d’installations appropriées.

L’établissement est alors composé :
1 – du pensionnat (ou Maison de Santé) service distinct de l’asile et qui accueille 20% des malades (capables de payer leurs frais de séjour) hébergées dans 8 appartements de 2 à 3 pièces, 36 chambres particulières et 6 dortoirs
2 – de l’asile où sont regroupées 1200 personnes réparties dans 15 quartiers avec réfectoires et salles de récréations ou de travail – a chaque quartier correspond une cour plantée d’arbres et de fleurs.

L’asile de Bailleul est érigé en asile autonome d’aliénés (placé sous le contrôle direct de l’Etat) en 1912.
A cette époque, l’établissement accueille 1800 malades, et compte
- 2 médecins chef assistés de 2 médecins adjoints
- 58 religieuses
- 94 infirmières et femme de service
- 12 employés de bureau
- 78 ouvriers et préposés
En avril 1918, l’Hôpital est totalement détruit. Il n’y aura aucune victime car l’Hôpital a été évacué quelques jours auparavant et les malades réparties dans les hôpitaux de France.
La Direction et la Commission Administrative siègent au 1, rue d’Artois à LILLE et poursuivent malgré tout leur travail de gestion.

Il faudra attendre 1920 pour que les travaux de déblaiement commencent.
Tout le monde s’accorde à reconnaître la nécessité de reconstruire l’hôpital, mais il faudra deux années de discussion pour aboutir à une décision.

Les premiers travaux de reconstruction démarreront en 1922 sous la Direction de l’Architecte Mr BOIDIN assisté de Mr GAUDON, et dureront 4 ans.
Les premières malades réintégreront les locaux en 1926, puis progressivement jusqu’en 1932, date à laquelle on compte 1000 personnes.

Les travaux ne seront pourtant définitivement achevés qu’en 1936.
L’établissement demeure le plus important établissement français pour les femmes.
Il est composé de trois services médicaux chacun dirigé par un médecin chef.
Chaque service fonctionne de manière autonome et est composé d’un pavillon d’admission, d’une infirmerie et de pavillons répartis entre les malades calmes et agitées.
L’Etablissement dispose également d’une salle de spectacle de 800 places et d’une vaste bibliothèque.

En matière d’équipement, l’établissement a bénéficié de tous les progrès de la science (salles d’opérations, installations radiologiques…..)
De même, du point de vue architectural, clarté et aération dominent dans les dortoirs et les salles, et les architectes ont fait preuve d’ingéniosité pour les dispositifs de sécurité puisqu’il n’y a pas de barreaux, mais des fenêtres pivotantes et des dégagements des salles permettant une surveillance optimale.

 

A peine terminé, l’Hôpital subit à nouveau les affres de la guerre. (Santale N° 29, Page 23). Dés le mois de mai 1940, une cinquantaine de bombes sont lancées sur l’établissement détruisant 5 pavillons et en endommageant d’autres ainsi que la buanderie.

A cette époque, l’établissement compte 1892 malades, 317 agents et 58 religieuses.
Les bombardements n’ont fait qu’une victime et 10 blessées légèrement parmi les malades, mais ont obligé les malades et le personnel à se réfugier dans les sous sols où ils vivront pendant 3 semaines…..

Malgré les dégâts, l’établissement continuera à fonctionner pendant toute la guerre.
Les pavillons les moins endommagés sont réparés, mais ceux détruits ne seront reconstruits qu’après la guerre.

Après la guerre, débutera la réduction progressive des effectifs de malades et la structuration de nouveaux services médicaux permettant de réduire le nombre de malades à prendre en charge par pavillon.
La mixité ne sera introduite que dans les années 1970.

http://psychiatrie.histoire.free.fr

aaa